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Discours d’ouverture du 11
mai – De 9 h à 10 h
Fermer les mines et ouvrir les esprits
Terry
I. Mudder, Ph. D, directeur général, TIMES
Limited
Quel que soit leur statut social ou économique,
les gens recherchent les produits issus de l’extraction
des métaux et des minerais, dont ils ont besoin pour maintenir
leur style de vie. Toutefois, au cours de certaines époques,
l’exploitation minière a entraîné des
impacts environnementaux et économiques inacceptables
nécessitant des dépenses publiques importantes
et imprévues pour faciliter la restauration des sites
miniers. L’importance croissante des préoccupations
relatives à l’environnement et des frais de mise
en exploitation a occasionné la transformation radicale
en industrie mondiale, ce qui a mené plusieurs entreprises à fusionner
et abandonner des sites exploités précédemment.
La transition a rencontré un grand nombre d’obstacles
techniques inattendus et de questions sociales peu connues comme
la durabilité et la réduction de la pauvreté.
Bien que des risques et des impacts existent toujours, au fil
du temps, l’industrie minière mondiale a réalisé des
progrès considérables dans l’amélioration
de son image par la gérance environnementale et les progrès
techniques. Pourtant, ces améliorations n’ont mérité à l’industrie
qu’une acceptation minimale, et un mouvement international
contre l’exploitation minière disposant de fonds
importants poursuit ses critiques et maintient son opposition.
L’héritage lié aux dommages environnementaux
occasionnés par les mines abandonnées ternit toujours
l’image de l’industrie moderne, et le très
long processus des programmes de restauration contribue parfois à ce
ternissement. Le présent exposé présentera
les ramifications de la croissance spectaculaire de l’industrie
minière internationale afin d’ouvrir les esprits
aux possibilités de répondre aux attentes sociétales,
tout en tenant compte de la demande future en métaux et
minerais.
Soirée Gala du 12 mai – De 18 h à 22 h
Conférencière
Élimination de la contamination à la source :
Développements philosophiques et internationaux
Holly
Dressel
Le plus recent livre de Holly Dressel et David Suzuki, More
Good News, paru le mois dernier, décrit comment l’Europe
gère ses déchets toxiques et comment nous pouvons
s'en inspirer de manière viable économiquement.
Dans son allocution, Mme Dressel explique une approche révolutionnaire
pour la conservation de la faune, la gestion adaptative, pour
la gestion des toxines. De plus, elle présente des approches
radicales sur comment nous devrions disposer de nos déchets
dangereux en lien avec des systèmes naturels récemment
découverts. Enfin, elle va jusqu'à démontrer
comment des approches très traditionnelles peuvent faciliter
la réussite de l'intégration de ces considérations.
Discours de clôture du 13 mai – De
12 h 30 à 13 h 15
Évaluation et assainissement des sites contaminés
:
Examen de l’expérience américaine et répercussions
pour le Canada
Dr John A. Cherry, École de génie, Université de
Guelph
Les efforts consacrés à l’évaluation
et à l’assainissement des sites contaminés,
qui commencent à augmenter au Canada, ont débuté de
façon intensive aux États-Unis au début
des années 1980, dictés par les lois fédérales
américaines, soit la Comprehensive Environmental Response,
Compensation, and Liability Act (CERCLA, appelée couramment
le « Superfund »; 1980) et la Resource Conservation
and Recovery Act (RCRA; 1976). Le cadre de réglementation
américain concernant les sites contaminés continue
d’être dicté par ces lois et on a dépensé des
milliards de dollars; cependant, ce n’est que dans un nombre
relativement restreint de sites que l’on est parvenu à obtenir
une remise en état ou un assainissement final. Nous (les
Drs Cherry et Parker) avons commencé à participer à l’évaluation
et à l’assainissement des sites contaminés
aux États-Unis au milieu des années 1980 et durant
cet exposé, nous examinerons l’expérience
américaine au cours des trente dernières années
et les répercussions les plus pertinentes pour le Canada.
Lorsque le cadre de réglementation entourant la CERCLA
et la RCRA a été créé, on connaissait
peu de choses à propos du nombre de sites contaminés
qu’il couvrirait et de leur nature. On s’attendait à ce
que l’on cerne et évalue rapidement les sites contaminés
et que l’on parviendrait à les remettre en état
de manière efficace jusqu’à ce que le dossier
soit clos; cependant, l’expérience s’est rapidement
avérée différente. Contre toute attente,
la majorité des dizaines de milliers de sites décelés
entrent dans une catégorie que l’on appelle aujourd’hui
les liquides non aqueux denses, qui comprend les composés
organiques halogénés représentés
surtout par des solvants chlorés, comme le TCE, le PCE
et le TCA [commentaire : le GB1], le créosote, le goudron
de houille et certains résidus industriels organiques
mixtes. La contamination des eaux souterraines est souvent présente
sur les sites contaminés par des liquides non aqueux denses
et souvent, la pénétration des contaminants est
tellement profonde à cause de la densité élevée
des liquides organiques que l’excavation n’est pas
une option d’assainissement viable. Les expériences
vécues aux États-Unis durant les années
1980 ont prouvé que les sites appartenant à la
catégorie des sites contaminés par des liquides
non aqueux denses sont, en général, extrêmement
plus difficiles à évaluer et à assainir
que les sites contaminés par d’autres produits chimiques,
comme les composés à base de pétrole, les
contaminants inorganiques et la plupart des autres types de composés
organiques. Durant les années 1990, la futilité de
la technique de pompage et de traitement en vue de l’assainissement
des sites contaminés par des liquides non aqueux denses
(mais non pour le confinement des panaches) a été pleinement
reconnue et plusieurs méthodes nouvelles et améliorées
d’assainissement in situ des sites contaminés par
des liquides non aqueux denses ont été mises en
pratique. Cependant, même si l’on a épuisé des
quantités considérables de ressources techniques
et financières, peu de sites ont été assainis
avec succès et la plupart des nouvelles méthodes
(p. ex., la technique du barbotage, le lessivage des agents de
surface, certains types de biorestauration) se sont avérées
inefficaces pour obtenir un assainissement respectable et elles
ont été éventuellement rejetées comme
options viables. Au cours de la décennie suivante (de
2000 à aujourd’hui), les grands efforts continus
aux États-Unis consacrés à l’assainissement
de sites, combinés à l’expérience
acquise antérieurement, ont permis d’établir
une grande partie de la compréhension et de la reconnaissance
des complexités hydrogéologiques des sites, en
particulier des difficultés et des limites de l’élimination
ou de la destruction massive des contaminants imposées
par la masse importante de contaminants qui résident dans
les zones de faible perméabilité (p. ex., les couches
semi-perméables vaseuses ou argileuses et les blocs matriciels
entre les fractures) courantes sur plusieurs sites. Par exemple,
les zones perméables peuvent être assainies avec
succès; cependant, la rétrodiffusion (c.-à-d.
la diffusion inversée, souvent la cause de rebondissement
des concentrations de contaminants) entraîne la diffusion
lente de contaminants provenant des zones de faible perméabilité,
ce qui provoque la recontamination des zones perméables
déjà nettoyées.
Pour que le Canada puisse tirer profit de l’expérience
américaine concernant l’évaluation et l’assainissement
des sites contaminés et minimiser, de ce fait, les tentatives
d’assainissement inadéquates et ratées, de
même que les activités non rentables, il faudra
:
- Reconnaître les différences essentielles entre
la caractérisation de site et la surveillance de site —ces
fonctions devraient avoir des objectifs distincts et employer
des méthodes différentes pour les atteindre;
- Faire la distinction entre les méthodes d’assainissement
maintenant « éprouvées » aux fins
d’utilisation technique en s’appuyant sur l’expérience
fructueuse tirée des méthodes non éprouvées
et qui font par conséquent toujours l’objet de
recherche ou qui en sont aux stades expérimentaux. Une
application technique prématurée des technologies
d’assainissement non éprouvées s’est
soldée par une inefficacité et des pratiques
non rentables importantes aux États-Unis, a beaucoup
gêné la recherche efficace et a augmenté le
nombre de ruptures d’ouvrage;
- Reconnaître la nécessité d’établir
des délais d’exécution beaucoup plus longs
que d’habitude pour évaluer le taux de réussite
des projets techniques en ce qui concerne l’assainissement
souterrain (p. ex., en termes de décennies par rapport
aux taux de réussite annuels). C’est important
dans le contexte de faire un pas important vers la durabilité environnementale;
- Reconnaître la valeur essentielle de la tenue d’une
surveillance rigoureuse des sites pour évaluer les progrès
réalisés et le rendement des mesures d’assainissement
de façon à ce que l’on puisse apporter
les ajustements nécessaires au cours des projets (p.
ex., adopter des mesures semblables à la méthode
d’observation utilisée en géotechnique
appliquée);
- Reconnaître que la « restauration » du
site dans son état originel n’est pas possible
et même que l’assainissement dans une mesure dans
laquelle la zone des eaux souterraines atteint les normes de
qualité de l’eau potable constitue, pour la plupart
des sites, un défi immense et que par conséquent,
des objectifs moins ambitieux qui peuvent être perçus
comme une « rénovation » de site peuvent
valoir la peine d’être mis en application. Cela
exige de s’attaquer aux questions difficiles et non normatives
concernant les bienfaits pour l’environnement et/ou les
ressources hydriques et la diminution des risques que l’on
obtient grâce à divers niveaux d’élimination
partielle des masses de contaminants;;
- Déterminer les conditions qui rendent l’assainissement
d’un site à peu près impossible d’un
point de vue technique et ne pas entreprendre de tentatives
inutiles d’assainissement; dans de tels cas, la stabilisation
du site ou les options de contrôle sont les plus pertinentes.
De bonnes intentions ne peuvent pas remplacer les restrictions
de notre technologie de l’heure et de l’infaisabilité technique.
L’expérience américaine en ce qui a trait à l’évaluation
et l’assainissement de sites contaminés a épuisé d’énormes
ressources financières, a employé des méthodes
très variées et s’est déroulée
sur une longue période. Elle offre au Canada d’exceptionnellement
bonnes possibilités d’éviter d’emprunter
les mêmes avenues inefficaces et de se concentrer sur des
options rentables et adéquates d’un point de vue
environnemental. Tirer grandement profit de l’expérience
américaine exigerait un effort canadien bien ciblé pour éviter
de répéter les mêmes erreurs. Cependant,
ce n’est pas évident que l’adoption de cette
avenue constitue une priorité canadienne. Cette discussion
approfondira ce cadre, en utilisant des exemples de cas puisés
aux États-Unis et au Canada concernant les réussites
et les échecs et permettra de cerner les processus et
les principes qui font habituellement de l’assainissement
des sites caractérisés par la contamination de
l’eau souterraine un défi exceptionnellement difficile à relever.
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