|
Volet F : Évaluation et gestion
des risques (pour l’écologie et la santé humaine)
|
| Téléchargez
volet F | PDF
| Retour
au sommaire des volets
|
|
| Étude environnementale
de site et évaluation des risques pour la santé humaine
et l’écologie à l’égard de la contamination
par le DDT héritée au parc national de Prince Albert,
en Saskatchewan
|
| plus |
Kyle Solomon, Dr Kenneth J. Reimer, Nick Battye, John Snell,
Edward McLean
Groupe des sciences de l’environnement, Collège
militaire royal du Canada
Au cours de l’été 2008, le Groupe des sciences
de l’environnement (GSE) a effectué des évaluations
environnementales de site (EES), phases I et II, au parc national
de Prince Albert (PNPA), en Saskatchewan. Ces évaluations
ont été réalisées pour l’Agence
Parcs Canada (APC) et visaient à déterminer le degré de
contamination par le dichlorodiphényltrichloroéthane
(DDT) dans le parc. Le GSE avait pour but de comprendre l’impact
des activités antérieures menées au parc et,
plus particulièrement, celles liées à l’application
de DDT à différents emplacements à l’intérieur
du lotissement urbain et en périphérie.
On a utilisé le
DDT au PNPA sur une période de 30 ans
pour lutter contre les moustiques dans les aires fréquentées
par les résidents et les visiteurs du parc, de 1948 jusqu’au
milieu des années 1970. Les activités de pulvérisation
visaient, entre autres, les aires résidentielles, commerciales
et de loisirs dans le lotissement urbain de Waskesiu. La plupart
des études portant sur la contamination par le DDT ont concerné des
milieux agricoles présentant une contamination étendue.
Le PNPA offre l’occasion d’effectuer une étude
de cas portant sur plusieurs aires localisées de contamination
par le DDT à l’intérieur d’un milieu
résidentiel.
L’évaluation du site de 2008 a
compris un examen des rapports environnementaux antérieurs
et des archives du site, une analyse des données manquantes
et un examen des photographies aériennes historiques afin
de déterminer l’impact
du développement sur l’évolution dans l’environnement
du DDT et son transport dans le parc. Malheureusement, aucune
archive n’était disponible sur l’utilisation
antérieure
du DDT ou la désaffectation de l’ancien bloc des
services d’entretien où le DDT était préparé et
entreposé. Par conséquent, les entrevues avec les
membres du personnel de l’APC, anciens et actuels, ayant
participé à la
pulvérisation de DDT étaient essentielles à l’identification
des possibles secteurs préoccupants.
Le GSE a élaboré une
stratégie d’échantillonnage
qui tenait compte de l’aire géographique étendue
du PNPA, des restrictions d’accès au site et des
changements aux caractéristiques du site liés
au développement
et aux modifications de l’utilisation des terres qui
sont survenus depuis que les activités de pulvérisation
avaient pris fin il y a 30 ans. On a prélevé des échantillons
de sol et de sédiments (n=500) dans chaque secteur possible
de préoccupation et on les a évalués selon
les recommandations pour la qualité de l’environnement
pertinentes du Conseil canadien des ministres de l’environnement
(CCME). Les concentrations de DDT allaient d’en deçà de
la limite de détection de la méthode d’analyse
(< 0,001 ppm), dans les deux milieux, à plus de 80
et 180 fois la recommandation pour la qualité de l’environnement,
dans le sol (0,7 ppm) et les sédiments (8,51 ppb), respectivement.
Le GSE a réalisé une évaluation des risques
pour la santé humaine et l’écologie afin
de déterminer
les critères de restauration propres au site du PNPA.
On a prélevé des échantillons supplémentaires
du biote pour fournir des données mesurées sur
la charge de DDT dans les récepteurs. On a effectué ce
processus en collaboration avec les intervenants locaux, y
compris le comité de
liaison du PNPA pour les questions scientifiques et le Conseil
communautaire de Waskesiu. On prévoit que ce projet
mènera à l’établissement
d’un plan d’action de restauration qui tiendra
compte des préoccupations des intervenants locaux, tout
en satisfaisant aux obligations environnementales de l’APC.
De plus, on se servira de ce projet comme modèle pour
déterminer l’impact
sur l’environnement de l’utilisation de DDT à d’autres
parcs nationaux dont l’histoire est semblable.
|
|
| Évaluation des vapeurs
du sol
|
| plus |
Simone Mol1, Raman Birk2, Rae-Ann Sharp2, Will Gaherty1
1Pottinger Gaherty Environmental Consultants Ltd.
2Travaux publics et Services gouvernementaux Canada
Une évaluation environnementale implique généralement
l’étude des milieux environnementaux comme le sol, les
sédiments et l’eau (c.-à-d. les eaux de surface
et les eaux souterraines). Toutefois, récemment, le Ministry
of Environment (ministère de l'environnement - MOE) de la
Colombie-Britannique (C.-B.) a ajouté la vapeur comme milieu
réglementé. Les vapeurs provenant des composés
volatils et semi-volatils peuvent migrer dans l’air ambiant
(c.-à-d. à l’intérieur et à l’extérieur) à partir
des eaux souterrainnes et des sols contaminés sousjacents.
Ces vapeurs peuvent nuire à la santé des récepteurs
humains et écologiques.
Bien que les vapeurs n’aient été réglementées
en C.-B. que depuis janvier 2009, nous avons fait l’évaluation
des vapeurs tous les ans dans le cadre de l’étude,
de la restauration et de l’évaluation des risques à quatre
sites éloignés du Nord le long de la route de l’Alaska
en C.-B. et au Yukon depuis 2006.
Les études sur les vapeurs
du sol effectuées à ces
sites portaient sur ce qui suit : 1) les sources de vapeurs dans
les sols et les eaux souterraines; 2) les récepteurs susceptibles
d’être exposés (c.-à-d. les travailleurs,
les résidents et les visiteurs sur le site); et 3) les
voies d’exposition.
Selon la source de vapeur, les récepteurs
et la voie d’exposition,
aux fins de l’élaboration d’un programme,
on a tenu compte de ce qui suit :
-
les possibles contaminants préoccupants (c.-à-d. les
contaminants identifiés dans les sols et les
eaux souterraines);
-
les emplacements des échantillons (c.-à-d. l’accès,
la (ou les) source(s), les voies d’expositions prévues,
etc.);
-
la méthode d’échantillonnage (c.-à-d.
le milieu, le moment);
-
les conditions du sol (c.-à-d. le type
de sol et la texture du sol);
-
les facteurs d’influence (c.-à-d. la météorologie,
le cycle saisonnier);
-
l’AQ/CQ (les essais d’étanchéité,
les doubles).
Les défis rencontrés à l’égard
des travaux d’évaluation des vapeurs
du sol exécutés
comprennent l’éloignement des sites,
l’accès,
le temps froid (–35oC), les questions de transport
et la consultation auprès des utilisateurs
des sites. La variabilité qui
découle probablement de diverses causes
fait ressortir la nécessité d’établir
un ensemble de données
temporelles assez vaste pour permettre une interprétation
robuste.
|
|
| Bioaccessibilité en évaluation
des risques pour la santé humaine : Élaboration et
mise en application des méthodes
|
| plus |
Iris Koch, Shawn Milley, Breanne Gibson, Ken Reimer
Groupe des sciences de l’environnement, Collège
militaire royal du Canada
Dans le cadre d’évaluations des risques pour la santé humaine,
on a démontré que l’hypothèse selon laquelle
l’ensemble d’un contaminant dans la matrice d’un
sol présente un risque n’est pas toujours exacte. Plus
particulièrement, le contaminant n’est pas entièrement
biodisponible, surtout lorsqu’on tient compte de l’ingestion,
la principale voie d’exposition des contaminants dans les sols.
Dans ce contexte, la définition d’un contaminant biodisponible
désigne la fraction qui atteint la circulation sanguine et
les organes, et qui a des effets toxiques. Une autre expression utile
est la fraction bioaccessible, c’est-à-dire la partie
qui est dissoute dans le système gastro-intestinal et qui
est disponible pour absorption. On peut mesurer la bioaccessibilité dans
un environnement en laboratoire qui reproduit le système gastro-intestinal
humain, et les méthodes comprennent une ou plusieurs phases,
représentant la bouche, l’estomac, l’intestin
ou le côlon. Le consortium de recherches Bioaccessibility Research
Canada (BARC) a été mis sur pied pour faire avancer
les connaissances sur la biodisponibilité et la bioaccessibilité en évaluation
des risques, et a participé avec Santé Canada à des études
d’élaboration de méthodes. L’analyse d’un
matériau de référence étalon pour les
sols à l’aide de 16 méthodes différentes
dans 14 laboratoires a révélé que, bien que
la gamme des résultats en matière de bioaccessibilité soit
très étendue, la reproductibilité dans un même
laboratoire et entre les laboratoires s’apparentait à l’incertitude
normale en laboratoire. La conception d’études supplémentaires
pour comparer les résultats des méthodes portant sur
la bioaccessibilité aux résultats liés à la
biodisponibilité (tirés d’essais sur les animaux)
est en cours, et l’on présentera les considérations
de conception et de logistique, ainsi que les autres mises à jour
de BARC. On fera la démonstration de l’application de
méthodes portant sur la bioaccessibilité déterminées à des
sols provenant de sites contaminés. Par exemple, mentionnons
un site de friche industrielle de Kingston, où les résultats
en matière de bioaccessibilité ont permis de confirmer
les constatations de l’expérience interlaboratoire selon
lesquelles un pH plus faible est un facteur déterminant dans
l’extraction de plus grandes proportions des contaminants.
On a étudié les variables des méthodes portant
sur la bioaccessibilité, y compris le ratio liquide/solide
et la taille des particules, en utilisant les sols de la friche industrielle,
et l’on a déterminé l’applicabilité des
résultats à l’évaluation des risques pour
la santé humaine. On considère souvent que le choix
de méthode pour les mesures de la bioaccessibilité et
la variabilité inhérente au choix résultant
constituent un facteur compromettant de l’utilisation de la
bioaccessibilité aux fins de l’évaluation des
risques. Par conséquent, l’étude des variables
de ces méthodes et de leur effet sur les résultats
de l’évaluation des risques est essentielle pour accroître
l’acceptation de l’utilisation de la bioaccessibilité comme
outil dans le cadre de l’évaluation des risques.
|
|
| Une méthodologie de
classement axée sur les risques pour le classement par ordre
de priorité des sites miniers abandonnés en C.-B.
|
| plus |
Beth Power et Ryan Hill
Azimuth Consulting Group
La Crown Land Restoration Branch (CLRB) du Ministry of Agriculture
and Lands (ministère de l'agriculture et des terres) de la
Colombie-Britannique est chargée de gérer des milliers
de sites miniers historiques et abandonnés sur les terres
provinciales (appelés sites contaminés de la Couronne).
Pour la plupart de ces sites, l’étendue de la contamination
possible et des risques connexes est en grande partie inconnue. La
CLRB a cherché un système permettant de classer par
ordre de priorité les efforts d’étude et de gestion
parmi les sites. Nous avons élaboré une méthodologie
de classement axée sur les risques (RRM) pour réaliser
cet objectif. La RRM fait appel à une approche d’évaluation
des sites axée sur les risques pour recueillir des renseignements
clés sur les sites. Les renseignements sur chaque site font
l’objet d’une analyse et d’un résumé,
selon un certain nombre d’attributs visant à caractériser
les risques possibles pour la santé et l’écologie.
Les renseignements sommaires (plus de 25 attributs) servent ensuite,
dans le cadre d’un atelier, à évaluer le classement
relatif des sites et, également, à déterminer
les prochaines mesures de gestion à prendre pour chaque site.
Le classement était fondé sur des discussions et l’atteinte
d’un consensus, ce qui est possible lorsque le nombre de sites à classer à la
fois est de 50 ou moins. Au cours des deux premières années
de mise en application, les autorités de réglementation
et les participants aux ateliers ont manifesté une très
grande confiance à l’égard du processus et des
résultats.
|
|
| Une étude de cas sur
les phares de la Garde côtière canadienne
|
| plus |
Gary Mann et Norm Healey
Azimuth Consulting Group
De 1999 à 2004 la Garde côtière canadienne a
réalisé un grand projet d’immobilisations dont
le but était de reconstruire le réseau de phares avec
personnel sur le littoral de la Colombie-Britannique. À un
stade précoce de ce projet, des EES, phase II, ont été exécutées
sur commande et ont permis de détecter une contamination de
l’environnement à tous les 27 phares. Le présent
exposé décrira l’approche pratique, axée
sur les risques et économique élaborée par la
Garde côtière canadienne pour l’évaluation
et l’élaboration de plans de gestion pour la contamination,
selon les contraintes de temps et budgétaires du grand projet
d’immobilisations. On a mis sur pied un groupe d’experts
en évaluation des risques pour orienter l’élaboration
et la mise en œuvre d’une stratégie d’évaluation
axée sur les risques novatrice qui tiendrait compte des questions
courantes en matière de risques, des historiques d’exploitation,
des récepteurs et des caractéristiques biophysiques
des sites. Dès le début et souvent, on a consulté la
direction, les autorités de réglementation et les intervenants.
Grâce à ce processus novateur de collaboration, des
EES, phase III, et des évaluations des risques complètes
n’ont pas été nécessaires à tous
les 27 sites pour l’élaboration de plans de restauration
et de gestion des risques efficaces. Le projet des phares a été le
premier à être approuvé pour gestion des risques
dans le cadre du PASCF. Les coûts annuels de la gestion des
risques aux phares s’élèvent à environ
125 000 $. Les estimations des coûts pour la restauration
vont de 30 à 60 millions de dollars.
|
|
| L’évaluation
et la gestion des risques aux principales installations de Pêches
et Océans Canada dans la région du Pacifique
|
| plus |
Patrick Allard, Azimuth Consulting Group
À l’échelle nationale, Pêches et Océans
Canada (P et O) est le gardien d’environ 8 200 propriétés,
dont plusieurs présentent des aspects de sites contaminés.
De ces propriétés, P et O a désigné huit
principales installations et bases dans la région du Pacifique.
On a retenu les services d’une équipe d’experts-conseils
pour élaborer et exécuter un programme global quinquennal
qui soutiendrait la mise en œuvre de plans de gestion des risques
uniformes afin de traiter les questions de sites contaminés à ces
installations. Voici les caractéristiques principales de ce
processus : 1) la mise en application d’une stratégie
d’évaluation et de gestion des risques unifiée
pour assurer l’uniformité entre les sites; 2) la consultation
des organismes fédéraux pour s’assurer que la
mise en œuvre tient compte des principales préoccupations;
3) l’utilisation d’une approche de caractérisation
des sites et d’évaluation des risques valable et normalisée
pour les huit principales installations; 4) la réalisation
de l’étude des conditions du sol et des eaux souterraines
selon la méthodologie standard; 5) l’établissement
d’un modèle conceptuel des sources de contamination
et de leur potentiel de migration; 6) l’interprétation
des résultats selon le modèle conceptuel et la formulation
de recommandations pour ce qui est de la nécessité de
procéder à la restauration ou à l’évaluation
et la gestion des risques; 7) la réalisation d’évaluations
préliminaires des risques pour la santé humaine, l’habitat
aquatique et la faune terrestre, le cas échéant; et
8) l’élaboration d’options de gestion des risques
pouvant comprendre une combinaison de mesures d’élimination,
de traitement in situ ou de gestion in situ, selon l’évaluation
des risques.
|
|
| L’évaluation
des risques dans le cas où l’exposition de base dépasse
les limites toxicologiques
|
| plus |
Ian Mitchell et David Williams
Meridian Environmental Inc.
L’élaboration des recommandations canadiennes pour
la qualité des sols pour les substances non cancérogènes
implique la soustraction de l’exposition de base, représentée
par la dose journalière estimative (DJE), de la dose journalière
admissible (DJA), afin de calculer une « dose journalière
admissible résiduelle », utilisée pour représenter
l’exposition admissible provenant d’un site contaminé.
De même, les évaluations des risques associés à un
site particulier tiennent souvent comte de l’exposition de
base et de l’exposition provenant du site; lorsque la somme
de ces expositions dépasse la DJA, on considère généralement
qu’il faut prendre des mesures supplémentaires.
Pour
plusieurs substances, la DJE est supérieure à la
DJA, ce qui veut dire que l’on prévoit que les expositions
de base entraîneront un indice de risque supérieur à l'admissible,
même sans tenir compte des expositions attribuables au site.
Dans ces circonstances, les recommandations pour la qualité des
sols ne peuvent pas être calculées, étant donné qu’il
n’y a pas de dose journalière admissible résiduelle.
Par conséquent, le traitement de ces substances aux sites
contaminés fédéraux présente des défis
particuliers.
Afin d’aborder les difficultés liées à la
réalisation d’évaluations des risques associés à des
sites particuliers ou à l’élaboration de recommandations
pour la qualité des sols pour les substances dont la DJE
est supérieure à la DJA, on a examiné plusieurs
approches différentes, y compris des évaluations
déterministes
et probabilistes des effets de l’augmentation des concentrations
dans le sol sur les expositions totales. On a constaté que,
pour un grand nombre de ces substances, notamment plusieurs métaux,
l’exposition provenant du sol contribue de façon relativement
minime à l’exposition totale et des augmentations
importantes des concentrations dans le sol peuvent ne pas avoir
d’effet
perceptible sur l’exposition totale. On présentera
des exemples précis et l’on traitera des répercussions
sur l’évaluation des risques et l’élaboration
de recommandations.
|
|
| Évaluation des risques
pour la santé humaine des nourritures traditionnelles du port
de Victoria
|
| plus |
Ross Wilson, SNC Lavalin Environment Inc.
Afin d’évaluer les risques possibles pour la santé humaine
associés à la consommation de vie aquatique, on a réalisé une évaluation
des risques pour la santé humaine (ERSA) pour le port de Victoria.
Les méthodes utilisées pour évaluer les risques
pour la santé humaine étaient fondées sur les
procédures d’évaluation des risques utilisées
couramment par les organismes de réglementation comme Santé Canada,
l’Organisation mondiale de la Santé et la Food and Drug
Administration des É.-U. On a estimé les expositions
aux produits chimiques selon diverses hypothèses concernant
la manière dont les personnes utilisent le port. On a estimé les
expositions dans le régime à l’aide de valeurs
représentées par les concentrations moyenne et maximale
des contaminants dans les divers milieux échantillonnés
et analysés. Ensuite, on a examiné la documentation
sur la toxicologie afin de déterminer les taux d’exposition
jugés acceptables ou « sécuritaires » (ou,
plus particulièrement, les taux d’exposition ne présentant
aucun risque inacceptable d’effets néfastes sur les êtres
humains). On a obtenu les valeurs de référence toxicologiques
auprès d’organismes de santé reconnus, dont la
Division de l'évaluation du danger des produits chimiques
pour la santé de Santé Canada, qui a servi de principale
source d’information. Aux fins de cette évaluation des
risques associés aux nourritures traditionnelles, les risques étaient
jugés acceptables si les valeurs de l’indice de risque étaient
inférieures à 1 ou que les estimations du risque additionnel
de cancer étaient inférieures à 1 x 10–5.
Les
résultats de l’ERSA ont révélé que,
dans les conditions actuelles, les probabilités de risques
inacceptables sont faibles. Le port fait actuellement l’objet
d’une interdiction sanitaire imposée par Pêches
et Océans Canada visant la récolte des mollusques
bivalves, d’une interdiction commerciale visant la pêche
du crabe et d’un avis sur la consommation récréative
d’hépatopancréas
de crabes. Les entrevues avec des personnes connaissant bien les
habitudes de récolte ont confirmé que les avis et
les interdictions semblent être bien connus et largement
respectés.
Cela dit, il semble actuellement que les seules nourritures que
certaines personnes soient susceptibles de consommer couramment
soient la chair
de crabe et le poisson. Ces groupes d’aliments contiennent
des concentrations relativement faibles de produits chimiques (du
moins en ce qui concerne les produits chimiques associés
au fond marin) et, par conséquent, on n’a prévu
aucun risque inacceptable pour les personnes qui les consomment à une
fréquence allant d’une fois par semaine à une
fois par mois. Mentionnons que l’on a prévu des risques
susceptibles d’être inacceptables associés aux
habitudes de consommation pour certaines nourritures (c.-à-d.
la consommation une fois par semaine d’hépatopancréas
de crabes, de Macoma nasuta et de laitue de mer); toutefois, ces
nourritures ne sont pas reconnues pour être consommées
couramment à partir du port. Par conséquent, l’état
environnemental actuel du port ne semble pas présenter des
risques inacceptables pour les personnes qui consomment des nourritures
récoltées dans ce secteur.
Dans l’ensemble,
bien que le port contienne des sédiments
présentant des concentrations élevées de produits
chimiques, il ne semble pas poser de risques inacceptables pour
la santé par les nourritures traditionnelles. Bien qu’aucune
raison ne porte à croire que les conditions environnementales
s’aggraveront au fil du temps, les responsables de l’évaluation
des risques ont recommandé la surveillance continue des
conditions environnementales et de l’utilisation du port.
Si les conditions changent, il est recommandé de diffuser
les nouveaux résultats
en temps opportun au grand public et aux divers organismes environnementaux.
|
|
| Stratégies d’évaluation
des risques et de fermeture de site pour les parcelles de phytoremédiation
sur les sites de friches industrielles contaminés par des
polluants organiques persistants
|
| plus |
Barbara A. Zeeb, Collège militaire royal
du Canada
On a maintenant démontré à plusieurs reprises
que certaines plantes et, plus particulièrement, celles de
la sous-espèce Cucurbita pepo ssp pepo, ont la capacité d’absorber
et de stocker des concentrations importantes de polluants organiques
persistants (POP) dans leurs pousses. D’autres recherches ont
permis d’étudier les effets des amendements du sol et
des conditions de croissance sur l’absorption des POP par les
plantes, et les mécanismes de l’absorption des POP par
les plantes. Ces études ont donné lieu à des
réussites considérables en matière de phytoextraction
des POP. Par exemple, on a constaté que la concentration des
POP dans le sol diminuait beaucoup après deux ou trois plantations
et que certaines accumulations de concentrations de POP dans certaines
parties de la pousse de la plante étaient supérieures
ou égales à celles dans le sol. Compte tenu de ces
réussites, il est maintenant important d’examiner quelques-uns
des aspects plus pratiques de la phytoextraction, qui doivent être
compris avant que l’on puisse mettre en œuvre cette technologie à l’échelle
commerciale.
La phytoextraction a pour but de réduire la masse
de solides contaminés à transporter et à traiter
hors site. À cette
fin, le matériel végétal final produit par phytoextraction
doit présenter une concentration de contaminant plus élevée
que le sol contaminé initial. On peut déterminer ce
potentiel à l’aide du facteur de bioaccumulation de
la pousse (BAF). Si le matériel de pousse prélevé atteint
avec constance des concentrations de contaminant plus élevées
que la concentration de contaminant dans le sol initial (c.-à-d.
que le BAF > 1), l’élimination directe de la végétation
contaminée sera plus économique que celle du sol contaminé.
De plus, le compostage des résidus végétaux
produits par phytoextraction réduit la masse de matériel
végétal contaminé et, de ce fait, augmente la
concentration de contaminant et diminue davantage les coûts
de transport et de traitement. Selon nos études préliminaires,
le compostage de sols contaminés par des BPC peut également
entraîner la dégradation et/ou la déchloration
de chaque congénère des BPC.
É
tant donné que la phytoextraction de BPC a lieu in situ,
une autre question pratique importante dont il faut tenir compte
concerne
les effets du processus de phytoextraction sur le milieu naturel
ambiant. Compte tenu du fait que l’on a démontré que
les exsudats des racines de certaines plantes Cucurbita pepo
augmentent la solubilité aqueuse de certains POP, il est
possible que la croissance de ces plantes dans un sol contaminé par
des POP puisse accroître la biodisponibilité des
POP aux organismes non visés. Des études que nous
réalisons
actuellement à deux sites de recherche en Ontario portent
sur l’impact des activités de phytoextraction sur
la biodisponibilité des BPC aux invertébrés
dans le sol indigène.
En dernier lieu, il est peu probable
qu’une phytoextraction
réussie permette de retirer tout le contaminant visé du
sol. Dans le cadre de projets de phytoextraction de métaux,
on a appliqué divers stabilisateurs (calcaire, etc.)
afin de diminuer la biodisponibilité des métaux
restant dans le sol, à une « étape de parachèvement »,
après la fin de la phytoextraction sur le site. Nous élaborons
une stratégie semblable pour les sols contaminés
par des POP. Dans le cadre d’une étude en serre,
nous avons constaté que l’ajout de charbon activé en
grain (GAC) aux sols contaminés éliminait pratiquement
la biodisponibilité du DDT à la plante Cucurbita
pepo. Cela donne à penser que l’on pourrait appliquer
du GAC au sol, dans le cadre d’une stratégie globale
de fermeture de site, à la suite d’un nombre suffisant
de reprises de la phytoextraction des POP.
Dans le présent
article, nous ferons état de nos résultats
de recherche récents sur les aspects pratiques susmentionnés
de la phytoextraction.
|
|
| Traitement in situ de l'eau
contaminée par de l'azote ammoniacal par nitrification et
dénitrification provenant d'un ancien site d'enfouissement
|
| plus |
Martin Beaudoin et Jean Paquin
Sanexen Services Environnementaux Inc.
Dans le contexte du développement et de la revalorisation
des terrains contaminés, certaines villes sont confrontées à des
problèmes concernant des sites d’enfouissement datant
d’avant les années 80. Ces anciens sites d’enfouissement
ont été en opération et ont accumulé des
déchets d’origine domestique et parfois industrielle.
Le vieillissement de ces sites a contribué à la contamination
de la nappe phréatique. La génération d’azote
ammoniacal, un composé nocif pour la vie aquatique, constitue
un problème fréquent.
Une des technologies en développement
pour le traitement in situ de l’azote ammoniacal contenue
dans les eaux de lixiviats est la conversion de site d’enfouissement
en bioréacteur.
Cette technique vise à promouvoir une activité biologique
afin d’accélérer la biodégradation des
matières putrescibles et d’induire une nitrification
de l’azote ammoniacal ainsi qu’une dénitrification
des nitrates. L’azote ammoniacal est ainsi transformé en
azote sous forme gazeuse lorsque la réaction est complétée.
L’essai de traitement in situ effectué en 2008 sur
un grand site à Montréal consistait à pomper
l’eau
souterraine à partir d’un puits d’extraction, à circuler
une partie de l’eau à travers un biofiltre acclimaté pour
ensemencer l’eau souterraine, introduire de l’oxygène
dans l’eau puis réinjecter l’eau dans la zone
de traitement in situ via un puits d’injection. Une diminution
de 40 % des concentrations d'azote ammoniacal a été obtenue
au cours des 8 semaines qu’ont duré les essais. Un
suivi de la qualité de l’eau souterraine dans la zone
de traitement in situ a aussi été effectué par
la suite. À la
lumière des résultats obtenus sur ce site, l’approche
la plus avantageuse au niveau de l’élimination de
l’azote
ammoniacal pourrait être d’avoir recours à un
système biologique ex situ, combiné à un traitement
in situ par nitrification et dénitrification.
|
|
| Comparaison entre les facteurs
de risques des LLPNA pour les divers produits pétroliers
|
| plus |
G.D. Beckett et Douglas Bell, Dillon Consulting Limited
Les produits pétroliers libérés dans la subsurface
constituent une source possible de contamination des eaux souterraines
et peuvent également entraîner la contamination par
vapeurs dans les bâtiments. Tout produit pétrolier est
un mélange complexe de produits chimiques manifestant certains
aspects du pétrole brut à partir duquel il a été produit
et du processus de raffinage utilisé pour le commercialiser.
La plupart des carburants à base de pétrole sont des
liquides légers en phase non aqueuse (LLPNA, autrement dit,
le pétrole, les hydrocarbures, etc.), ce qui veut dire que
leur densité est inférieure à celle de l’eau
et qu’ils ont une propension limitée à se mélanger à l’eau
et à s’y dissoudre. Bien que le pétrole, l’eau
et les vapeurs existent comme phases distinctes dans la subsurface,
les séparations qui surviennent entre les phases entraînent
des impacts possibles de contaminants sur toutes les phases. Les
divers types de produits pétroliers ont chacun leur propriétés
physiques et chimiques particulières, qui influent sur la
distribution et la séparation des diverses phases (c.-à-d.
la phase dissoute, les vapeurs, les LLPNA), ce qui est en relation
directe avec les risques connexes pour l’environnement et la
santé humaine.
En général, les produits plus
légers et plus
raffinés, comme l’essence, ont une propension beaucoup
plus grande à nuire à l’environnement que les
produits plus lourds, comme le carburant diesel et les mazouts
de chauffage. C’est là une manifestation des différences
physiques et chimiques entre les carburants. Toutes choses pareilles,
l’essence est des milliers de fois plus susceptible de présenter
un danger dans l’environnement que le carburant diesel ou
les autres carburants plus lourds. Malgré cela, les pratiques
courantes de l’industrie ont tendance à traiter tous
les déversements de « produits libres » de la
même manière, souvent en préconisant la récupération
de ces produits libres dans la mesure du possible. Cela peut entraîner
la dépense non profitable de ressources limitées,
dont l’affectation à des priorités à risque
plus élevé serait plus utile.
Le présent article
décrit les différences chimiques
et physiques particulières entre les divers produits pétroliers
afin de mettre en contraste leurs risques comparatifs pour l’environnement,
et établit une base pour une stratégie améliorée
de gestion de site contaminé par LLPNA fondée sur
ces concepts. Par conséquent, les auteurs croient que les
activités
d’assainissement et d’étude de l’industrie
devraient faire l’objet de modifications pour tenir compte
de ces différences réelles et démontrables
entre les caractéristiques en matière de risques
de ces divers carburants et huiles. De plus, il est important de
reconnaître
qu’un déversement de tout type de produit pétrolier
dans l’environnement peut poser des risques réels
et importants dans certains milieux. La prise en compte globale
des
conditions physiques et chimiques et relatives au transport et
aux récepteurs est nécessaire afin de prendre des
décisions éclairées
en matière de sécurité et de protection pour
protéger les ressources en eau et l’environnement.
|
|
| L’examen externe par
des experts et la planification de l’utilisation des terres
comme stratégies pour réorienter la gestion des risques
et la planification de la restauration à un site de dix ans
: Un cas type
|
| plus |
Ananthan Suppiah, ministère des Affaires
indiennes et du Nord Canada
Le présent article décrit une stratégie visant à réorienter
les travaux de restauration et de gestion des risques à un
site des Premières nations sur une grande rivière en
C.-B. On a élaboré cette stratégie en collaboration
avec les Premières nations afin d’aborder les préoccupations
liées aux travaux de restauration proposés pour le
site de cinq hectares, dont le coût estimatif est d’environ
2 millions de dollars. Cette somme s’ajoute à celle
d’environ 2 millions de dollars déjà engagée
pour les coûts initiaux de l’assainissement, de l’EES
et de l’évaluation des risques. Cette stratégie
impliquait un examen externe par des experts, qui a fourni de nouveaux
points de vue sur les risques sur le site et hors site. L’examen
a également facilité la communication de ces risques
et la décision d’élaborer un plan d’utilisation
des terres « écologique », comme outil pour aider à orienter
les travaux futurs de restauration et de gestion des risques sur
le site.
|
|
|